3 ans après…

On me demande souvent un bilan de mon aventure à Disney, ce que ça m’a apporté dans ma vie quotidienne, ce que je fais maintenant, si j’aimerais re-partir, pourquoi je continue à répondre aux gens et j’en passe… Je vais tenter d’y répondre le plus honnêtement. 

En premier je vais aborder l’impact Disney sur ma vie personnelle, et je pense parler au nom de nombreux castmembers qui ont ou pas fini leur programme. Quand on a la chance d’être sélectionné et de vivre cette aventure, on entre malgré soi dans la secte Disney, c’est un terme positif lorsque je l’emploie. Pour moi c’est une secte, car PERSONNE ne comprend ce qu’on a vécu durant cette année Nos proches ne s’imaginent même pas ce qu’est de prendre le cab à 30 à peine sorti du boulot pour sortir, les afters dans les résidences à manquer de se faire terminer, les shifts à peine soutenables, le vocabulaire professionnel devenu naturel, la galère pour se nourrir, la vie avec un salaire de misère… Beaucoup de personnes étrangères au programme pensent qu’on est partis un an se la couler douce en Floride sous le soleil ! Non non c’est loin d’être le cas… Alors dans cette secte on aime bien se remémorer les anecdotes, ça perpétue le souvenir de cette folle année. Et ce qui est magique, c’est quand on rencontre des personnes qui ont fait le programme des années avant ou des années après et qu’on se comprend direct. De fil en aiguille, je me suis raccrochée à ces amis qui me comprenaient tellement mieux que mes amis antérieurs au programme, avec qui j’avais vécu 7j/7j pendant un an #LaFamille. Avec les anciens du programme (surtout des merchs parisiens et Bonnie) on essaie de se faire   une soirée par mois environ, des weekends, des vacances ensemble. J’ai fait un ménage assez important dans mes relations. Cette année m’a totalement changé personnellement, j’ai grandi, j’ai vu autre chose, j’ai découvert des cultures différentes, je partais sur un coup de tête en road trip le weekend. À mon retour, je n’arrivais plus à me satisfaire du quotidien français, j’avais besoin de plus, j’étais blasée rapidement et j’avais la bougeotte (je l’ai toujours d’ailleurs). 2 ans et demi après mon retour, il ne se passe jamais une journée sans laquelle je ne pense à Orlando (encore plus avec les évènements terribles qu’ils s’y sont déroulés hier). Cet été d’ailleurs j’y retourne pour la première fois depuis mon retour, pendant un mois et je compte bien aller à chaque endroit où j’ai vécu et où j’avais mes habitudes.

D’un point de vue professionnel, on me demande souvent si cette expérience à l’étranger m’a ouvert des portes. Et bien franchement : Non ! Lorsque je suis rentrée en France, j’ai mi plus de 9 mois à trouver du travail, il était temps d’entrer dans la vie active et je cherchais un emploi sur le long terme. Ayant fait des études de commerce international, je pensais que Disney serait un plus, un an aux USA, ça faisait la différence ! Lors des entretiens que j’ai eu (une dizaines à peine pour une centaine de candidatures envoyées) on ne m’a jamais demandé d’argumenter mon expérience et on ne s’est jamais vraiment attardé dessus. J’avoue que ça a été une déception immense, mais il faut dire que les stages à l’étranger et les années d’échanges universitaires sont de plus en plus répandus sur le marché des candidats. On m’a plus souvent parlé de mon stage au Canada comme assistante manager, plus que mon année à Orlando. En revanche, je suis persuadée que pour les personnes qui sont dans le milieu de l’hôtellerie ou la restauration, l’expérience Chefs de France à l’étranger dans un établissement Bocuse est un sacré coup de pouce dans le CV. 

Aujourd’hui, je ne pense pas être faite pour le système français, son système professionnel du moins. Je ne comprends pas comment les entreprises ne soutiennent pas plus leur employés et n’essaient pas de les accompagner et les tirer vers le haut, le management par la terreur et j’en passe. J’ai cependant eu la chance d’entrer chez Chanel à un poste administratif comprenant des contacts quotidiens avec l’étranger, mais après bientôt 19 mois je m’apprête à quitter mon emploi. J’ai réussi à décrocher un PVT au Canada, après avoir vécu à Montréal j’avais adoré la ville, la qualité de vie et encore plus l’ambiance au boulot. Pour le moment, je n’ai pas décidé si je m’aventure du côté anglophone ou francophone, mais je suis certaine de ma réussite là bas. Je ne suis pas à la recherche de voyages comme de nombreux détenteurs de PVT, mais je crois en l’opportunité d’embauche et d’expatrisation (d’ailleurs suivez mes nouvelles aventures sur un nouveau blog très bientôt ).

Et pourquoi pas un nouveau programme ? J’entends souvent cette question, de la part de mes proches et mes collègues surtout. Et bien c’est bête mais mon programme est trop précieux… Il n’a pas été parfait c’est clair : j’ai eu des moments de crises et de doutes, plusieurs fois envie de tout quitter, mais les personnes avec qui je l’ai partagé et les souvenirs que j’en ai gardé, je n’ai pas envie de les remplacer. Repartir et recommencer, c’est un peu tout désacraliser… C’est mon idée personnelle mais cela ne m’empêche pas de comprendre et soutenir les copains qui repartent en Guest Relations. Peut-être aussi parce que j’suis assez carriériste, repartir serait égoïste, revivre dans une bulle où on ne prend pas de décision importante, où l’on s’amuse sans se soucier du lendemain, où on avance pas trop… À 26 ans, j’aimerais enfin trouver un boulot important sur le long terme.

Et ce blog ? Ça aussi je l’entends souvent mais de mes anciens copains de Disney, ils me chambrent en disant que plus personne le lit, qu’il sert plus à rien, qu’il est trop vieux. Pourtant les statistiques prouvent le contraire, et ça fait toujours plaisir de recevoir des messages sympathiques des candidats qui me disent qu’ils ont réussi à partir en lisant mes articles, que je les ai motivé ou qu’ils ont réussi leur entretiens ou leurs papiers en suivant le blog ! Alors certes, il y a eu beaucoup de changements notamment DORMS mais les étapes et les questions d’entretiens sont toujours les même. Je ne me lasserai jamais d’accompagner les gens intéressés, à répondre à leurs questions ou leurs angoisses car ce programme a été la meilleure année de ma vie et TOUT LE MONDE devrait avoir la chance de pouvoir vivre la même chose. Petit coup de gueule, soyez indulgents, je reçois également des emails de rageux qui disent que mes articles sont mensongers et que j’induis en erreur : non non les copains, juste ça a changé et puis chacun peut se débrouiller aussi… J’essaie de mettre à jour les anciens articles avec les nouvelles infos que je peux avoir à droite à gauche (et je suis preneuse de toute nouvelle info d’ailleurs 😉 ) 

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